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Télérama Interview

 

Gillian Anderson : “Avec ‘X-Files’, j’ai fait partie de quelque chose d’iconique”
Dans la série britannique “The Fall”, elle traque froidement un serial killer à Belfast. Rencontre avec celle qui restera toujours un peu la Scully de “X-Files”.

A jamais identifiée à son rôle dans X-Files, l’Américaine Gillian Anderson revient au petit écran, vingt ans après son apparition en Dana Scully. Vue dans Hannibal aux Etats-Unis, elle brille en flic méthodique et autoritaire dans The Fall, un polar nord irlandais, ce soir sur 13ème Rue. Un drame lent et pesant, qui met en parallèle les quotidiens d’un serial killer père de famille (Jamie Dornan, prochainement héros de 50 Nuances de Grey) et de la détective chargée de mettre fin à ses crimes (Anderson). Nous avons pu discuter avec elle de ce retour, et de ce qu’il reste de X-Files dans sa vie.

Broadchurch vient de faire un carton à la télévision française. Il semble que les téléspectateurs soient fascinés par les histoires sombres…
Ce n’est pas une nouveauté. X-Files, il y a déjà vingt ans, séduisait par la dureté de ses histoires. Il suffit de regarder autour de nous, dans le monde réel ou dans la littérature, pour les voir absolument partout.

Mais ce sont des séries plus lentes, plus patientes. Vous pensez que l’on en a fini avec la télé qui veut aller le plus vite possible ?
En Europe, on sait prendre le temps, respecter une temporalité réaliste, faire respirer la narration. Aux Etats-Unis, nous sommes encore dans une obsession du montage, des scènes courtes, des sauts dans la narration, d’une course vers l’avant. Mais les choses évoluent, et les producteurs américains sont aujourd’hui fascinés par The Killing et par Borgen.

Le mystère central de The Fall semble être autant Stella Gibson, votre personnage, que la résolution de son enquête…
J’aime que ce soit difficile de la lire. Je ne suis pas certaine moi-même d’avoir complètement saisi qui elle est vraiment. Elle est indépendante, forte, excellente flic, mais faillible. Et plus on avance dans la saison, plus ses défauts sont visibles.

C’est un personnage que l’on pourrait qualifier de féministe, car elle prend à son compte des caractéristiques traditionnellement masculines. Est-ce le genre de rôle qui vous attire ?
C’est plutôt le genre de rôle que j’attire. J’aimerais autant incarner des femmes fragiles, brisées, faibles, mais on me demande de jouer les femmes fortes. Ce que j’accepte avec plaisir, parce qu’elles savent qui elles sont, elle sont sûres de leur identité et de leur caractère. Ce sont des rôles confortables, en un sens.

Pourquoi passer tant de temps dans les vies intimes de Stella et de Paul Spector ?
Pour nous rappeler qui ces personnages sont pour ceux qui les entourent, au-delà de l’image du criminel ou de la flic qui s’impose au public. La femme de Paul, une infirmière qui s’occupe d’un bébé malade, ses enfants, tout ce qui l’entoure dit la fragilité de l’existence, sa beauté, et souligne la monstruosité des actes de cet homme dérangé… mais auquel le public va être invité à s’identifier d’une façon ou d’une autre, au point peut-être de ressentir une forme de sympathie.

Il y aurait dans The Fall une réflexion sur la nature humaine ?
Absolument. The Fall dit que nous sommes tous plus proches les uns des autres que nous le pensons. Que nos rêves, nos fantasmes, nos pulsions sont semblables, même si nos actes différent radicalement. Nous ne le comprenons pas nécessairement, mais nous y pensons. Si Stella chasse les tueurs et Paul chasse ses victimes, ils sont tous deux des prédateurs, n’est-ce pas ?

D’où la mode des séries de serial killers ?
Très certainement. Les tueurs en série sont des êtres humains, comme nous. Nous pensons tous, un jour ou l’autre, étrangler notre boss, notre ex… Mais nous ne passons pas à l’acte. Eux, oui.

Stella a cette froideur extérieure qui cache un feu intérieur que l’on retrouve chez Scully dans les X-Files et chez Bedelia Du Maurier, la psychiatre de Hannibal Lecter que vous incarnez dans Hannibal. Voyez-vous des points communs entre ces rôles ?
Non, et je fais tout pour ne pas y penser. Au contraire, je me concentre sur leurs différences. Pour mieux jouer la comédie, je ne dois pas tisser des liens entre mes personnages. Pour moi, Stella est très différente de Dana Scully, qui était très bornée, très pragmatique, très scientifique et fermée d’esprit. Stella est au contraire une femme du monde, indépendante, qui sort, qui séduit, qui a une vie sexuelle active et qui ne respecte pas nécessairement les règles.

Comment avez-vous vécu l’après X-Files ?
J’ai déménagé à Londres, je suis passée à autre chose. La première chose que j’ai faite après la série, c’était une pièce de théâtre. J’y ai mis toute ma tête. Je ne savais pas, à l’époque, si j’aurais envie de remettre les pieds sur un plateau de télévision ou de cinéma. J’ai donc fait quelques mois de scène, et ça a suffi à me faire réaliser que mon cœur me poussait à tourner à nouveau. J’ai quoi qu’il en soit profité de l’atmosphère différente de l’Europe. Je me sens chez moi, à Londres.

Ça ne vous agace pas que les gens vous ramènent sans cesse à Scully ?
Il m’a fallu du temps pour arriver à en parler confortablement. Au début, je refusais de répondre à la moindre question sur les X-Files, et puis, avec le temps, j’ai lâché prise. J’ai commencé à apprécier ce que cette série a représenté, pas seulement pour moi, mais pour le monde entier. J’ai compris que j’avais fait partie de quelque chose d’iconique, qui a joué un rôle clef dans l’évolution de la qualité de la télévision. Ce n’est pas rien, je dois le reconnaître.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?
Etant à Londres, je me vois très bien passer de la télévision au théâtre, au cinéma. C’est un mouvement classique en Grande-Bretagne. J’adore le théâtre, mais tous les quatre ans, pas plus. Je suis aussi cinéphile, alors je cherche de bons rôles au cinéma…

Et écrire et réaliser ?
Aussi, oui. J’ai deux ou trois idées de scénarios, que j’aimerais réaliser. Mais je dois encore y travailler.

En savoir plus sur http://www.telerama.fr/series-tv/gillian-anderson-avec-x-files-j-ai-fait-partie-de-quelque-chose-d-iconique,110609.php#lcGgaQcko87O40tD.99

Propos recueillis par Pierre Langlais

 

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